- Capitale: Lhassa
- Population: 2,7 millions (2004)
- Langues officielles: chinois (putonghua) et tibétain
- Groupe majoritaire: tibétain (92,8 %)
- Groupes minoritaires: chinois (4 %), monba (0,3 %), luoba (0,3 %), xarba, deng, sherpa, naxi, nu, tu, mandchou, miao, mongol, bai, etc.
- Système politique: région autonome de la République populaire de Chine
- Articles constitutionnels (langue): art. 4, 19 et 134 de la Constitution chinoise de 1982
- Lois linguistiques: la Loi sur l'autonomie des régions ethniques (1984); Loi sur la langue et l’écriture communes nationales de la République populaire de Chine (2001).
1 La situation géographique
Le Tibet (en chinois: Xizang ; en tibétain: peu), est l'une des cinq régions autonomes de la République populaire de Chine depuis 1965. Cette région est située au sud-ouest de la Chine et elle est limitée au nord par la Région autonome ouïgoure du Xinjiang et la province du Qinghai, à l’est par la province du Sichuan, au sud-est par la province du Yunnan et la Birmanie, au sud par l’Inde, le Bhoutan et le Népal, et à l’ouest par l’Inde. Le Tibet couvre une superficie totale de 1,2 million de kilomètres carrés (Chine: 9,5 millions de kilomètres carrés), ce qui représente 12,8 % de la superficie totale de toute la Chine, mais l'équivalent de quatre fois la France. Lhassa est la capitale (410 000 habitants en 2006) et l’ancienne capitale politique du Tibet.
Le Tibet est divisé entre six préfectures (Ngari, Nagchu, Xigazê, Lhoka (ou Sannan), Nyingchi et Qamdo) et une municipalité (Lhassa) qui a rang de préfecture. Ces préfectures sont à leur tour divisées administrativement en plus de 70 districts.
Selon ces statistiques officielles du gouvernement de Pékin, les Tibétains sont très majoritaires dans leur région autonome. Ils constituent plus de 92 % du Tibet, alors que les Han ne comptent que pour 6,1 %. Pourtant, depuis des décennies, le dalaï-lama déclare que les Tibétains sont «devenus une minorité dans leur propre pays». Dans une entrevue à l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur, il évoquait une «agression démographique» et «une sorte de génocide culturel» par les Chinois. Le 17 octobre 2007, dans un discours au Congrès américain, le dalaï-lama affirmait:
"Chaque année, la population chinoise à l’intérieur du Tibet augmente de façon alarmante. Si nous prenons à titre d’exemple la population de Lhassa, il y a un réel danger que les Tibétains soient réduits à une minorité insignifiante dans leur propre pays. Cette augmentation accélérée de la population pose aussi une menace sérieuse sur l’environnement fragile du Tibet."
Il subsiste deux problèmes. Ou bien les données officielles sont fausses ou bien le dalaï-lama interprète autrement la réalité. Selon les sources officielles, les Han ne seraient qu'un peu plus de 158 000. Toutefois, ce nombre ne tient pas compte des effectifs militaires, ni des fonctionnaires en poste pour une durée limitée au Tibet. Selon les statistiques citées par le Centre tibétain pour les droits de l'homme et la démocratie, le nombre des Chinois han s'élèverait en fait à quelque 900 000. Il n'y a malheureusement aucun moyen de vérifier ces affirmations, mais il est certain que les données officielles du gouvernement chinois ne disent pas tout.
Il subsiste un autre problème. C'est qu'il faut distinguer deux types de Tibet: le Tibet historique et le Tibet de la région autonome, amputé de près de la moitié de sa superficie par les autorités chinoises. Si le dalaï-lama réfère à chaque fois qu'il parle du Grand Tibet, il a raison. Les Chinois, pour leur part, renvoient invariablement à la Région autonome du Tibet (RAT) lorsqu'ils parlent du Tibet; ils ont intérêt à faire oublier les différentes amputations qu'a subies le Grand Tibet depuis 1953.
Depuis des siècles, le Tibet historique ou «Grand Tibet» comptait trois provinces: l'U-Tsang, l'Amdo et le Kham. Or, en 1965, les frontières du Tibet ont été redéfinies par les autorités chinoises. Aujourd'hui, seule la province de l'U-Tsang, avec une petite partie du Kham, constitue la Région autonome du Tibet. L'ancienne province d'Amdo fait maintenant partie de la province chinoise de Qinghai, et le Kham a été divisé et incorporé aux provinces du Gansu, du Yunnan et du Sichuan.
Rappelons les faits: le Tibet a été «envahi» ou «libéré» (selon l'interprétation tibétaine ou chinoise) par les troupes de l'Armée populaire de libération en 1950. Après l'annexion du Grand Tibet, la province d'Amdo a été séparée pour devenir aujourd'hui la province du Qinghai.
Source: http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/asie/chine-region-auto-Tibet.htm
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